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Annabel Montero (AMI): "Depuis les municipalités, nous devons lutter pour un nouvel état, pacifique et libre"

Annabel Moreno i Nogue, vice-présidente de l'Association des Municipalités pour l'Indépendance de la Catalogne

Annabel Moreno i Nogue (Barcelone, 1973) en plus d'être maire d'Arenys de Mar, est aussi vice-présidente de l'Association des Municipalités pour l'Indépendance (AMI) . Le 1er avril, elle est venue au Pays Basque, en compagnie de Jordi Gaseni, maire d'Ametlla de Mar et membre du comité exécutif d'AMI, sur l'invitation d'Udalbiltza. Lors de cet entretien, elle nous a parlé de l'importance de la solidarité entre nos peuples et des fonctions et activités d'AMI.

 

1. Le 1er avril, vous étiez présente à l'Aberri Eguna célébré à Pampelune. Comment vous y êtes-vous sentie ?

Cela été un vrai plaisir pour moi d'avoir l'occasion de participer à l'Aberri Eguna célébré à Pampelune. Je n'avais jamais eu l'occasion de vivre l'Aberri Eguna, et participer à la grande manifestation et à la revendication politique et sociale de cette année a été un honneur pour moi. Dès le début, j'ai été très bien accueillie et je me suis sentie totalement intégrée parmi les participant·e·s. Prendre la parole lors de cet événement et recevoir tout ce soutien du Pays Basque m'a fait ressentir beaucoup de fierté.

 

2. Vous semble-t'il encore nécessaire de renforcer la solidarité entre le Pays Basque et les Pays Catalans ?

Bien sur que oui. Seuls les basques et les catalans pouvons comprendre ce qui se passe dans l’État Espagnol. Nous sommes les victimes d'un état pourri et autoritaire qui est prêt à tout pour maintenir l'unité de la patrie espagnole. Nous sommes les seul·e·s à savoir ce qu'il·elle·s peuvent faire, et nous sommes les seul·e·s à espérer créer une nouvelle république, dans laquelle les droits humains et les libertés publiques seront vraiment garanti·e·s. Dans le but de faire disparaître notre désir de liberté et notre volonté de créer un meilleur état, l'État Espagnol invente le récit qui lui convient pour emprisonner nos leaders politiques. Les magouilles de l'état n'ont pas de limites. Nous, Basques et Catalan·e·s, nous ne pouvons compter que les un·e·s sur les autres, nous sommes frères et sœurs et nous devons nous entraider pour obtenir la paix, la liberté et la dignité.

 

3. C'est important que des organisations comme Udalbiltza et AMI travaillent ensemble ?

Ce travail entre municipalités est un exemple de la solidarité entre les peuples, dans la lutte pour une société plus juste, plus démocratique et plus libre. Nous menons cette lutte depuis l'échelon administratif le plus proche des citoyen·ne·s. En effet, nous sommes la première institution à laquelle s'adressent les admnistré·e·s. Ont peut faire de grandes choses grâce aux municipalités, c'est pourquoi la solidarité et l'unité entre l'AMI et Udalbiltza sont si importantes.

 

4. D'après vous, qu'apporte l'unité des municipalités et des élus à la construction nationale ?

Aujourd'hui, 800 des 947 municipalités de Catalogne sont membres de l'AMI ; elles représentent 40 % de la population de la principauté. Les mairies sont les institution publiques les plus proches des citoyen·ne·s, celles qui ont le plus la capacité de connaître les besoins des citoyen·ne·s. Dans notre cas, des mouvements sociaux et des revendications de toutes sortes naissent dans les communes. À Arenys de Mar, la ville dont je suis maire, cela 170 jours que, tous les soirs à 20h, des musicien·ne·s jouent spontanément l'air « El Cant dels Ocells » pour exiger la liberté des prisonniers politiques. Tous les jours, 50 personnes au minimum y participent. Nous avons plusieurs banderoles revendicatives en suspens au balcon de la mairie et nous nous rassemblons sur la place de la mairie quand, malheureusement, une agression contre la liberté de notre peuple à lieu. De cette manière, les citoyen·ne·s peuvent sentir que la place de la mairie est un lieu où il·elle·s peuvent faire connaître leur avis. Chaque fois qu'une agression contre nous est perpétrée, la place se remplit spontanément de gens de tout âge et de tout milieu.

 

5. Que peuvent apporter les municipalités aux processus souverainistes ?

Les municipalités peuvent apporter beaucoup aux processus souverainistes : organiser des forums, des présentations de livres, des publications, aider les organisations souverainistes, afficher des symboles indépendantistes... Le référendum a été un succès collectif où, suite aux agressions de l’État Espagnol, la population s'est totalement impliquée. La police n'a pas trouvé une seule urne électorale, et cela, grâce à un réseau de personnes organisées de façon quasi clandestine dans les communes. On peut presque tout réussir en partant des municipalités. La Deuxième République Espagnole fut proclamée grâce aux municipalités. Nous, les maires, nous avons eu une importance énorme dans le processus souverainiste, en soutenant notre Gouvernement et nos parlementaires.

 

 6. Quelles sont les défis principaux pour l'AMI, et quels sont les projets sur lesquels elle travaille ?

En ce moment, notre projet prioritaire est de faire face au discours de l’État Espagnol au sujet des événements du 1er octobre. Les rapports de la Garde Civile ne disent pas ce qui s'est vraiment passé. En Catalogne, il n'y a pas eu de violence, de tout le processus. Nous n'avons pas brisé une seule urne, même lors des plus grandes mobilisations. La seule violence qu'il y a eu, elle est venue de la Garde Civile et de la Police Nationale. Le 1er octobre 2017, elles ont battu·e·s de simples citoyen·ne·s qui voulaient simplement voter. L'indépendantisme est totalement pacifique, et notre volonté est de montrer que cela a été comme ça. L’État Espagnol a fait croire à la société que des événement qui n'ont pas eu lieu se sont produits.

D'autre part, une autre mission importante pour l'AMI est de soutenir les 700 maires qui ont été inculpé·e·s pour avoir permis le référendum. Depuis les municipalités, nous devons lutter pour un nouvel état, pacifique et libre, un nouvel état dans lequel les droits humains et les libertés publiques ne seront pas bafoué·e·s.

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